S’il y a un
élément qui aura marqué notre passage dans le sud-ouest de la Norvège, c’est
l’eau. De l’eau partout.
De l’eau dans les très nombreux fjords qui déchiquettent la côte, rentrent dans les terres jusqu’à plus de 200km et se divisent en multiples bras, comme le Sognefjord, le plus profond du monde (1308m). De l’eau en montagne dans les glaciers et les lacs. Elle rejoint ensuite les fjords en dévalant les montagnes dans de puissants torrents et des milliers de cascades lorsque la pente devient verticale. Des cascades de plus 150m, des cascades où on peut passer dessous, des cascades doubles… une variété infinie de cascades. Au début, on est émerveillés. Au bout d’un moment, on finit par les regarder plus rapidement. Et allez dormir au pied d’une cascade, ça fait un raffut du diable ! On dépasse les 85 décibels, faudrait dormir avec des protections d’oreilles… 😉
De l’eau,
enfin, omniprésente sous forme de pluie. Pas une journée sans au moins une
averse. Bien souvent, on a droit à bien plus. Cette météo humide, qui ferait
passer la Normandie ou la Bretagne pour des terres arides, aura été un facteur
déterminant pour le programme de nos activités et le niveau du moral. On savait
que c’est une région pluvieuse, mais pas à ce point. On sature de la pluie. Ce
matin, nous avions repéré une fenêtre météo pour aller voir le Preikestolen, le
fameux rocher qui surplombe de 600m le Lysefjord. Réveil prévu à 6h30. Mais la
fenêtre s’est refermée trop vite, dès 5h00, il s’est mis à bien pleuvoir.
J’ai parlé
des montagnes. Elles sont omniprésentes dans la région. Difficile de trouver un
bout de terrain de plat. On a vu des champs avec des pentes impressionnantes. Les
routes doivent se frayer un chemin entre ces montagnes et les fjords. Ça monte
et ça descend, parfois sur des dizaines de kilomètres avec des pentes à 8 ou
10%, comme pour la descente de la route panoramique 55 « Sognefjell »
depuis 1430m d’altitude jusqu’au bout du Sognefjord, donc au niveau de la mer.
En plus, sur une bonne partie du parcours, la route est trop étroite pour
croiser, il faut faire très attention et anticiper les croisements dans les
espaces un peu plus larges. Très fatigant pour le conducteur, stressant pour la
passagère, et une épreuve pour nos disques et plaquettes de frein. J’ai dû
faire un stop pour les faire refroidir, il y avait de la fumée qui sortait des
roues avant. Pendant quelques instants, j’ai hésité à sortir l’extincteur. Mais
la poudre sur les freins, la mécanique n’aurait pas aimé.
Quand ça descend, c’est qu’avant ça monte. Ce ne sont plus les freins qui chauffent, mais le moteur qui est bien sollicité pour tracter nos 3,5T. La mécanique se fatigue bien plus ici que dans la plate Finlande. On ne compte pas les distances en kilomètres mais en heures. Même si la circulation est en général bien moins dense qu’en France, on croise des énormes camions et bus sur des routes étroites, avec d’un côté une paroi rocheuse, de l’autre le vide vers un fjord ou un fond de vallée. Et les chauffeurs norvégiens sont en général pressés. D’où quelques sueurs parfois quand on les croise.
Fjords, montagnes escarpées, routes étroites. La Norvège, qui est un pays riche grâce au pétrole, a trouvé une solution pour faciliter les déplacements : elle creuse des tunnels. Des centaines de tunnels, des milliers de kilomètres de tunnel pour tout le pays, des tunnels jusqu’à 24,5km de long. Des tunnels sous les montagnes, ça c’est classique. Des tunnels qui succèdent aux tunnels, si ce n’est à des ponts enjambant des fjords… Des tunnels passants sous la mer (les fjords), un tunnel avec animation lumineuse à son centre (parois éclairées de différentes couleurs). Des larges, des étroits, on a même traversé 2 tunnels avec des ronds-points à l’intérieur ! Bref, ce n’est peut-être pas courant pour un blog de voyage, mais on agrémentera ce post de quelques photos de tunnels.
Bon voilà
pour les généralités. Qu’a-t-on fait cette semaine ? On a surtout roulé le
long de magnifiques routes (on se répète de post en post), avec des paysages à
couper le souffle. Même avec des nuages accrochés aux montagnes, c’est beau. On
a fait un passage express à Bergen. Bref, pas un programme des plus motivant
pour les enfants, on en a conscience. Mais la région et la météo ne laissent
pas beaucoup de choix. On a compensé par un peu plus de temps de console de
jeux vidéo, un passage par un petit skate-park pour Malo, et 2 petits resto 😉.
En quittant la vieille route du dernier post, on a fait le tour du parc national Breheimen en revenant vers l’ouest via la route panoramique Sognefjell (route 55). On roule sous une alternance d’averses quand on arrive à un point de départ de randonnée avec vision sur un glacier à faible distance, sur les contreforts du plus haut sommet de Norvège, le Galdhøpigggen (2469m, qu’on ne verra pas à cause des nuages). Banco, il fait presque bon, il bruime, on part pour une petite randonnée, j’espère bien qu’on pourra s’approcher du glacier. Après moins d’une heure de marche, on est à la pointe terminale du glacier. On peut marcher sur les premiers mètres de glace en toute sécurité, l’occasion pour les enfants de toucher leur premier glacier. Je suis à la fois excité d’être ici et frustré de ne pouvoir poursuivre l’ascension plus haut. C’est quand même cool d’être tombé sur ce glacier qui n’était pas du tout prévu au programme. Pour fêter ça, on décide d’aller au restaurant dans la vallée, dans une petite ville aux bords du Sognefjord. Mais avant ça, il faudra descendre la fameuse route à 8%.
Etape
suivante, voir des langues du glacier Jostedalsbreen (breen signifie glacier),
la plus grande calotte glaciaire d’Europe continentale. Mais tiens, il pleut
pour changer… On va attendre une éclaircie dans le joli petit village de
Fjaerland au bout d’un fjord. L’occasion de faire une machine à laver, mais
sans sèche-linge encore une fois, et sans soleil pour sécher... Voilà le CC à
nouveau transformé en Tancarville. Les deux points de vue sur les glaciers sont
presque déprimants, quand on voit comment ils se sont contractés en 25 ans.
On continue
ensuite notre descente vers le sud en passant voir l’église (si si) en bois
debout de Borgund, puis on évite le tunnel de 24,5 km en passant par l’ancienne
route Aurlandsfjell, escarpée et très belle, pour aller à Flåm. En passant, on
profite d’un moment de soleil pour admirer l’Aurandfjord depuis le super point
de vue Stegastein (ça en fait des fjords !). A Flåm, on prend le train touristique
panoramique pour un parcours de 20km. La construction de la ligne fut une
prouesse technique, c’est beau, mais on reste quand même sur notre faim. Ça ne
vaut pas le Train Jaune dans les Pyrénées 😊.
On se
retrouve samedi matin dans les faubourgs de Bergen. Arrêt resto Ikea (le bon
plan pas trop cher pour manger autre chose qu’un hamburger au
« resto ») avant d’atteindre le centre-ville. Bergen : de la
pluie (pas trop annoncée) et des milliers de touristes (2 paquebots au port).
Après une après-midi, on a notre dose, les enfants surtout en ont marre, ça génère
quelques tensions. Ça ne peut pas être toujours rose un voyage à 4. C’est
pourtant une belle ville avec un quartier hanséatique ancien en bois qui a
survécu aux incendies, très photogénique normalement.
Dimanche, on est donc à nouveau sur la route avec comme point de mire le célèbre Preikstolen (rocher carré surplombant en un apique de 600m le Lysefjrord, pas très loin de la ville de Stavanger. On prévoit 2 jours pour s’y rendre. Il y a moins de 400km (150km à vol d’oiseau de Bergen) et un passage de ferry, ça représente entre 8 et 10 heures de conduite. En route, il y a encore des paysages magnifiques, on ne veut pas aller trop vite non plus. Et on veut tester les tunnels avec un rond-point. Le tunnel, en Norvège, c’est aussi une attraction... On cherche également la bonne fenêtre météo pour aller au Preikestolen. Dimanche soir, on rejoint nos amis bretons, Arnaud, Caroline et Jules. On veut faire la randonnée ensemble, il semblait que mardi matin soit un moment propice. On arrive hier soir, lundi, à 18h dans la vallée, il fait beau. On boit une bière pour fêter en avance notre ascension matinale, insouciants !
Ce matin, il
pleut quasiment non-stop depuis 5h. Il n’y a plus rien à attendre de la
journée. On se mord les doigts de n’y être pas allé hier soir ! Alors on a
installé les stores-ban de Bahou et le van des copains, et on attend la prochaine
fenêtre météo. Je me sens comme un alpiniste au camp de base d’un sommet
himalayen, attendant le bon moment. Sans le routeur pour nous aider, seulement
nos applis météo à la fiabilité incertaine. Comme c’est quand-même une
randonnée phare du pays, on attend, mais on est pressé de retrouver des régions
plus sèches !
Heureusement, on est avec les amis pour passer le temps.
PS : Merci pour les messages que vous nous laissez ! N'hésitez pas, ça nous fait toujours plaisir de vous lire. Et n'oubliez pas de laisser un prénom 😊
Fin route historique Gamle Strynefellsvegen :
Route pour Lom :
Route 55 Sognefjell, entre Lom et Sogndal :
Rando au glacier Bøverbreen :
Suite route :
Sogndal :
Fjaerland :
Vue sur Supphellebreen, une langue du Jostedalsbreen :
Route pour Borgund :
Eglise en bois debout de Borgund :
Route historique Aurlandsfjell :
Même route, point de vue de Stegastein sur l'Aurlandsfjord :
Flåm, train touristique Flåmsbana :
Route pour Bergen :
Bergen :
Route pour Norheimsund :
Cascade Steinsdalsfossen :
Route panoramique pour Sauda :
Route pour le Preikestolen :
De l’eau dans les très nombreux fjords qui déchiquettent la côte, rentrent dans les terres jusqu’à plus de 200km et se divisent en multiples bras, comme le Sognefjord, le plus profond du monde (1308m). De l’eau en montagne dans les glaciers et les lacs. Elle rejoint ensuite les fjords en dévalant les montagnes dans de puissants torrents et des milliers de cascades lorsque la pente devient verticale. Des cascades de plus 150m, des cascades où on peut passer dessous, des cascades doubles… une variété infinie de cascades. Au début, on est émerveillés. Au bout d’un moment, on finit par les regarder plus rapidement. Et allez dormir au pied d’une cascade, ça fait un raffut du diable ! On dépasse les 85 décibels, faudrait dormir avec des protections d’oreilles… 😉
Quand ça descend, c’est qu’avant ça monte. Ce ne sont plus les freins qui chauffent, mais le moteur qui est bien sollicité pour tracter nos 3,5T. La mécanique se fatigue bien plus ici que dans la plate Finlande. On ne compte pas les distances en kilomètres mais en heures. Même si la circulation est en général bien moins dense qu’en France, on croise des énormes camions et bus sur des routes étroites, avec d’un côté une paroi rocheuse, de l’autre le vide vers un fjord ou un fond de vallée. Et les chauffeurs norvégiens sont en général pressés. D’où quelques sueurs parfois quand on les croise.
Fjords, montagnes escarpées, routes étroites. La Norvège, qui est un pays riche grâce au pétrole, a trouvé une solution pour faciliter les déplacements : elle creuse des tunnels. Des centaines de tunnels, des milliers de kilomètres de tunnel pour tout le pays, des tunnels jusqu’à 24,5km de long. Des tunnels sous les montagnes, ça c’est classique. Des tunnels qui succèdent aux tunnels, si ce n’est à des ponts enjambant des fjords… Des tunnels passants sous la mer (les fjords), un tunnel avec animation lumineuse à son centre (parois éclairées de différentes couleurs). Des larges, des étroits, on a même traversé 2 tunnels avec des ronds-points à l’intérieur ! Bref, ce n’est peut-être pas courant pour un blog de voyage, mais on agrémentera ce post de quelques photos de tunnels.
En quittant la vieille route du dernier post, on a fait le tour du parc national Breheimen en revenant vers l’ouest via la route panoramique Sognefjell (route 55). On roule sous une alternance d’averses quand on arrive à un point de départ de randonnée avec vision sur un glacier à faible distance, sur les contreforts du plus haut sommet de Norvège, le Galdhøpigggen (2469m, qu’on ne verra pas à cause des nuages). Banco, il fait presque bon, il bruime, on part pour une petite randonnée, j’espère bien qu’on pourra s’approcher du glacier. Après moins d’une heure de marche, on est à la pointe terminale du glacier. On peut marcher sur les premiers mètres de glace en toute sécurité, l’occasion pour les enfants de toucher leur premier glacier. Je suis à la fois excité d’être ici et frustré de ne pouvoir poursuivre l’ascension plus haut. C’est quand même cool d’être tombé sur ce glacier qui n’était pas du tout prévu au programme. Pour fêter ça, on décide d’aller au restaurant dans la vallée, dans une petite ville aux bords du Sognefjord. Mais avant ça, il faudra descendre la fameuse route à 8%.
Dimanche, on est donc à nouveau sur la route avec comme point de mire le célèbre Preikstolen (rocher carré surplombant en un apique de 600m le Lysefjrord, pas très loin de la ville de Stavanger. On prévoit 2 jours pour s’y rendre. Il y a moins de 400km (150km à vol d’oiseau de Bergen) et un passage de ferry, ça représente entre 8 et 10 heures de conduite. En route, il y a encore des paysages magnifiques, on ne veut pas aller trop vite non plus. Et on veut tester les tunnels avec un rond-point. Le tunnel, en Norvège, c’est aussi une attraction... On cherche également la bonne fenêtre météo pour aller au Preikestolen. Dimanche soir, on rejoint nos amis bretons, Arnaud, Caroline et Jules. On veut faire la randonnée ensemble, il semblait que mardi matin soit un moment propice. On arrive hier soir, lundi, à 18h dans la vallée, il fait beau. On boit une bière pour fêter en avance notre ascension matinale, insouciants !
Heureusement, on est avec les amis pour passer le temps.
PS : Merci pour les messages que vous nous laissez ! N'hésitez pas, ça nous fait toujours plaisir de vous lire. Et n'oubliez pas de laisser un prénom 😊
Fin route historique Gamle Strynefellsvegen :
Route pour Lom :
Route 55 Sognefjell, entre Lom et Sogndal :
Rando au glacier Bøverbreen :
Suite route :
Sogndal :
Fjaerland :
Vue sur Supphellebreen, une langue du Jostedalsbreen :
| Fjaerlandfjord |
Route pour Borgund :
Eglise en bois debout de Borgund :
Route historique Aurlandsfjell :
Même route, point de vue de Stegastein sur l'Aurlandsfjord :
Flåm, train touristique Flåmsbana :
Route pour Bergen :
| "Restaurant" au Ikea Bergen |
Bergen :
Route pour Norheimsund :
Cascade Steinsdalsfossen :
Route pour Sauda :
| Rond point dans un tunnel... |
| ...suivi d'un pont au dessus d'un fjord... |
| ... |
| ...puis d'un nouveau tunnel avec rond point intégré ! |
Vue à droite, d'où on vient... |
| ...vue à gauche, où on va :( |
Route panoramique pour Sauda :
| On retrouve les copains pour le campement du soir |
Route pour le Preikestolen :
| Attendant un temps meilleur pour randonner au Preikestolen... |
.jpg)
.jpg)
.jpg)